Autour du coton

Samedi, mars 22nd, 2008

Le week-end passé était placé sous le signe du Togo. Je me suis prise à rêver qu’un jour, peut-être… En attendant, c’est le Togo qui est venu à moi, et qui m’a laissé ce souvenir très précieux pour une fileuse passionnée autant par les techniques de filage que par le côté traditionnel du filage :

Coton au fuseau

Le coton a été glané dans les champs (ramassé après la récolte) par une vieille femme togolaise, puis elle l’a filé directement sur ces bâtons de bambou (on dirait ?). L’aiguille pour échelle, fait 3 mm de diamètre, on voit que le fil est très régulier, j’ai encore des progrès à faire pour améliorer ma régularité sur mon rouet de compèt’ occidental… Ces deux fuseaux me font beaucoup réfléchir sur la nécessité d’avoir des outils perfectionnés, car ils sont beaux dans leur simplicité. Je ne sais pas combien de temps il a fallu à cette vieille femme pour filer un seul de ces fuseaux. Ils pèsent environ 120 grammes, le coton n’a pas été cardé avant filage, juste égrainé.

Ma visite venue du Togo m’a aussi laissé du coton égrainé, assez pour que je puisse faire des expérimentations de filage et de teinture. J’aime le coton, l’odeur du coton. C’est une fibre étonnante, qui n’a rien à voir avec le coton hydrophile, blanchi et traité pour absorber l’eau, et qui crisse méchamment aux oreilles et aux doigts. Le coton “brut”, tel qu’il sort de sa capsule quand la fleur s’est transformée en graine, est de couleur crème (en fait, un peu comme avec les moutons, on a sélectionné les plants qui donnent du coton crème, car il existe différentes nuances, du crème au beige plus ou moins foncé), doux, chaud au toucher et léger.

Premiers essais de teinture, teinture Dylon universelle et micro-onde.

coton du Togo

J’ai tout fait à peu près au pif, dans un pot de yaourt vide, je met environ 1 cuillérée à café bien remplie de sel, un quart de cuillérée à café de teinture (ajuster selon l’intensitée voulue), je remplis le pot d’eau chaude, je mélange bien. Puis je mets mon coton, préalablement lavé et humide, dans un récipient plastique (qui ne sert qu’à ça), la teinture avec, je mélange, je pose le couvercle puis micro-ondes. 2/3 mn plein régime, 5 mn de pose, 2/3 minutes à nouveau plein régime. Je laisse refroidir, je rince et voilà.

Même chose avec ce bambou en ruban, on reste dans les fibres cellulosiques, qui ne se teignent pas toujours avec les mêmes teintures que la laine. Toujours des teintures Dylon universelles au micro-ondes, même recette que ci-dessus :

bambou teint

On change de matière, cette fois c’est un mélange de blue-faced leicester et soie tussah, teinture pour soie :

BFL soie teint

Je bavais d’envie devant les roux, cuivres et bronze des copines du forum filage, Monique et Florence m’ont donné des trucs pour y arriver, voici mon premier essai mais il ne me plaît que moyennement car je n’ai pas réussi à reproduire ce dont je rêve. Il me faut encore de la pratique.

J’ai commencé à tricoter une paire de chaussette avec mon mélange mérinos/tencel/nylon :

CCP filee main

Le talon est en rangs raccourcis à mailles doubles, technique que j’ai pu tester la première fois sur mes chaussettes à perles. Au début, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour arriver à un résultat qui me convenait, maintenant j’ai compris le truc et ça va mieux. Tutoriel en images très bientôt.

Et Celtic Dream ? Il avance, depuis cette photo, un bras lui a poussé.

Celtic Dream

Le week-end prochain aura lieu le Show spécial Alpagas à Vierzon, l’entrée est gratuite, j’y serais avec un petit stand de filage. Bon week-end à tous !

Une laine à chaussette

Dimanche, décembre 2nd, 2007

J’ai terminé tous mes encours tricot ! :jittery_tb:Vous pouvez donc aller voir ma Lacy Dress ici, et mon châle Faroé là.

Et une petite photo du châle faroé avant blocage :

Faroe avant blocage

C’est toujours suprenant comme la dentelle s’épanouit au blocage, devient plus régulière et aérienne ! Pour ce châle, j’ai utilisé une de mes laines filées à la main, du blue-face leicester coloris oatmeal veiné de soie tussah, un régal à filer, un régal à tricoter. Par contre, j’ai dû raccourcir mon châle de 4 rangs pour cause de manque de laine, mais ça n’est pas trop grave, ça ne nuit pas à l’ensemble.

Quant à la Lacy Dress (pas bloquée, je n’ose pas trop avec le coton), vous ne la verrez pas portée sur moi car elle est trop froide et ajourée. En tout cas elle me va, c’est le principal. Me reste plus qu’à attendre les beaux jours pour la porter.

Donc, mes aiguilles étaient libres pour un nouvel en-cours, et ça tombe bien car j’ai eu un coup de coeur subit pour ce modèle :

Vest for a fiance

“Vest for a fiancé”, dans “knitting with a smile“. J’ai choisi de la pure laine “Ambiance” de Fonty, je garde le noir comme couleur de fond, le blanc pour le détail d’une frise en bas, mais j’ai remplacé le rouge et le vert, trop “pétant” à mon goût et à celui de Cher&tendre à qui cette veste est destinée, par du rose et violet. C’est un modèle traditionnel suédois, qui se construit exactement comme un norvégien, c’est à dire que la veste se tricote en rond, avec des steeks pour le devant et les manches.

Côté filage, voici le coton du message précédent, retordu à 3 brins.

coton 3 brins

J’aime son aspect rustique et le fait qu’il reste des déchets végétaux dans le fil. Cela lui ajoute du charme. Je craignais d’obtenir un fil très irrégulier, mais en fait une fois retordu avec 3 brins, il n’est pas trop irrégulier. Je suis en train de reprendre goût aux fils à 3 brins, bien ronds et plus réguliers que les deux brins, je vous en reparlerais plus tard… J’aime donc filer le coton brut, et j’espère pouvoir renouveler l’expérience.

nappe glitz or Et puis avec cette nappe rouge et or, j’ai obtenu ce fil :

Noel rouge

nappe cardee Et avec cette nappe-ci, ce fil-là :

Laine multi

L’envie m’a également titillé d’essayer de créer une laine à chaussette, qui serait la plus résistante possible. Je me suis inspirée d’un article paru dans Spinn-off pour sélectionner les matériaux, ainsi que de la composition des laines à chaussettes que je connais et qui sont très résistantes.

Donc, voici mes matières premières :

Matieres premieres pour chaussettes

De gauche à droite et de bas en haut : 25% de nylon (pour la solidité), 25 % de mohair (un peu pour la solidité, et pour le brillant), un peu de Shetland gris (pour atténuer les couleurs) et 50 % de blue-face leicester (laine, douce et brillante, qui devrait être plus solide que le mérinos).

J’ai teint tout ce petit monde au petit bonheur la chance (teintures Dylon et micro-ondes, j’y ai pris goût :happy_tb:) :

Laines a chaussettes teintes

De gauche à droite et de bas en haut : sheltand gris, blue-faced leicester, mohair, nylon.

Et après 3 passages dans ma cardeuse Finest, j’ai obtenu des rubans lisses, doux et brillants :

laine a chaussette cardee

J’ai commencé à filer mon mélange, je vais essayer de le surtordre un peu, mais pas trop car il perdrait de sa douceur, ce qui serait dommage. Le surtordre permet de le rendre plus solide car plus résistant à l’abrasion. La suite au prochain épisode. :smile1_tb:

Et pour terminer, le gilet de Marie-Antoinette je l’ai tricoté à la machine il y a quelques années et vous avez tous les détails ici.

Exploration du coton

Dimanche, novembre 25th, 2007

Je prends beaucoup de plaisir à découvrir cette superbe fibre qu’est le coton. Je ne connaissais que le coton peigné, et le coton “brut” n’a rien de comparable. C’est doux, fin et soyeux, on sens pleinement cette douceur lorsqu’on le travaille.

Tout d’abord, j’ai dû égrener mon coton, qui contient de nombreuses graines, on les voit nettement sur cette photo, elles sont accrochées aux fibres (les zones sombres) :

Coton avec graines

Egrener est un travail long et fastidieux. Les graines adhèrent fermement aux fibres, il faut forcer un peu pour les retirer, ce qui fini par faire un peu mal aux doigts. De plus, je ne connais pas la manière d’égrener au mieux, alors je fais un peu comme je le sens. J’aimerais des informations sur la manière dont s’y prennent les femmes africaines.

Voici du coton dont j’ai retiré les graines. J’ai mis un stylo pour faire l’échelle, car les graines, bien que nombreuses, sont assez grosses. A droite, un nuage doux et vaporeux, prêt à être filé !

coton egrene

J’ai essayé deux méthodes de filage. La première méthode, la plus classique, qui consiste, une fois que le coton est égrené, à le carder, puis le filer. J’ai choisi de filer mon coton cardé avec un fuseau “akha” (un petit fuseau très rapide), mais j’aurais aussi pu utiliser ma charkha, toute petite roue à filer, très rapide, utilisée en Inde pour filer le coton, et qui est d’ailleurs l’emblème de l’Inde.

J’ai cardé mon coton avec des cardes spéciales, très fines. Le coton est une fibre courte et très fine, qui ne se travaille pas de la même manière que la laine. J’ai formé des “puni”, des petits rouleaux de coton, comme on le fait traditionnellement en Inde.

Et voici donc les étapes :

etapes du travail du coton

De droite à gauche : coton graine, coton égrené, puni (coton cardé), puis coton filé avec fuseau akha. Ce fut ma première expérience.

Puis j’ai tenté une autre manière de filer le coton, j’ai sauté l’étape du cardage et j’ai filé directement le coton égrené sur mon rouet Little Gem muni de sa poulie rapide. Le coton étant court, il a besoin d’être très tordu durant le filage, pour avoir de la cohésion. C’est pourquoi l’on utilise soit un fuseau rapide, soit une charkha au ratio très élevé (jusqu’à 1:100) soit un rouet rapide (1:20 minimum).

C’est assez délicat de filer le coton, les fibres font parfois à peine 1 cm de longueur. J’ai donc adapté ma manière de filer, en laissant entrer la torsion dans la fibre, puis en tirant dessus pour former le fil. Voici un premier fil de coton sur mon Little Gem, je ferais un retors à 3 brins :

coton file

Et j’en ai déduit qu’il est plus rapide et facile de filer du coton sans le carder au préalable, mais pour cela il faut avoir les deux mains disponibles pour le filage, ce qui n’est pas vraiment le cas avec un fuseau, et pas du tout avec une charkha (une main tourne la manivelle, l’autre étire la fibre).

Donc pour l’instant, ma conclusion est qu’il faut carder et former des puni si l’on file le coton avec une charkha, mais qu’on peut le filer directement avec un rouet.

Toujours dans le coton, ma Lacy Dress avance, voici le début de la deuxième manche :

Manche lacy dress

Mon châle Faroé en est à la bordure :

Faroe shawl

Et pour faire rire les copains-copines du forum filage, je me suis transformée le temps d’une photo, en Marie-Antoinette, photo au symbole très fort car vous apercevez la tour de l’horloge, appelée aussi “Tour Louis XVI”. En effet, c’est ici qu’il fût arrêté…

Marie Antoinette

Pourquoi s’ennuyer à carder et filer des toisons alors que ça va si bien en guise de couvre-chef ? :lol_tb:

C’est une très belle toison de mouton Shetland, que m’a envoyé Thérèse. Cette laine est très douce. Moi qui ne connaissait la fibre Shetland qu’au travers de Jamieson’s of Shetland ou Jamieson & Smith, et qui pensait que c’était une laine plutôt rèche, j’ai donc revu mon jugement et suis définitivement tombée amoureuse et de la fibre, et de ces beaux moutons aux couleurs si variées :wub_tb:

Psssttt, j’ai mis en vente mes écheveaux “arc-en-ciel” en mérinos dégradé, parce que j’ai déjà tant d’autres fils à tricoter… C’est ici.