Canards…

Mes canards sur la rivière

Et oui encore un article sur les canards ! C’est que je les aime bien mes canards. Je ne connaissait pas plus que ça ce palmipède, mais habitant au bord d’une rivière avec accès direct à l’eau, une petite voix en moi m’a soufflée d’en élever 🙂 Et je ne regrette pas…

Pomponette

Colvert et barbarie sont deux races distinctes qui ne s’hybrident pas naturellement (on croise cependant des Pékins, gros canards blancs, avec des Barbaries pour obtenir des mulards, stériles). La majorité de nos canards domestiques sont issus du colvert.

Ma troupe de colverts

Après les avoir tenu enfermés tout l’hiver, un beau jour de printemps, j’ai respiré un grand coup et ouvert la porte de la volière pour libérer tous mes pensionnaires, colverts et barbaries. J’avais vraiment des craintes que les colverts en particuliers, doués d’une excellente capacité de vol, ne reviennent jamais… mais tant pis, je ne concevais pas d’élever des canards autrement qu’en liberté et cela me désolait de les voir enfermés (mal nécessaire pour qu’ils s’habituent, n’étant pas nés ici).

Chocolat, Zigouillet et Coinette

Et ils sont revenus mes colverts. Tous les soirs je sonne la cloche pour la distribution du repas, et tous les soirs ou presque, ils reviennent car ils ont associés le son de la cloche à quelque chose d’agréable 🙂

Les barbaries ne sont pas aussi à l’aise sur la rivière, il y a beaucoup de courant, ils se laissent dériver et ne savent plus le remonter. Finalement, ils préfèrent passer leur journée au milieu des poules et ne cherchent pas à aller sur la rivière.

Zigouillet, mâle barbarie

Les barbaries sont de gros canards placides et silencieux. Leur aspect peut rebuter au début, avec leurs caroncules sur le bec. Je m’y suis faite, je trouve même les canes gracieuses. Peu actifs, ils ont des allures de sphinx ou de canards en plastique. A ma grande surprise, les canes pondent plutôt bien et leurs œufs sont excellents en cuisine. Ils n’abîment pas l’herbe comme je le redoutais car ils se déplacent peu. Ils ne grattent pas le sol comme les poules, et fouillent les touffes d’herbe à la recherche de limaces et autres insectes. Attention toutefois aux feuilles tendres de salade, radis etc, ils mangent aussi de la verdure. En fait ils sont omnivores comme les poules, je leur donne la même chose à manger. La seule différence d’avec les poules c’est qu’ils ont besoin d’eau pour manger et entretenir leur plumage.

Zigouillet et Pomponette

En attendant de creuser un petit bassin, je leur met à disposition une auge à maçon grand format, et je change l’eau tous les jours. Ils sont capables de voler mais sont si placides qu’ils ne le font qu’en cas d’extrême nécessité. Les barbaries sont silencieux, ça me change des poules 🙂 Ils cohabitent très bien avec elles d’ailleurs, mais pour des raisons pratiques je préfère les séparer quand ils sont enfermés. Les canards ont besoin d’eau et en mettent partout, les poules n’aiment pas l’humidité et donc à ce niveau ils font mauvais ménage.

Tartine, jeune cane colvert de 2 mois

Les colverts sont des canards étonnants. Ils volent très bien par rapport à leur taille. Savent très bien nager et plonger. Ils sont moins à l’aise sur terre, mais dans l’ensemble ils maîtrisent quand même les 3 éléments l’eau, l’air et la terre. Ils peuvent passer beaucoup de temps à dormir et à se toiletter, mais quand ils sont actifs, ils font tout très vite et cela m’amuse beaucoup. La cane est bruyante, c’est elle qui fait « coin coin ». Le mâle ne fait presque pas de bruit. Ils sont plus indépendants que les barbarie, tout en étant familiers quand même. J’adore les voir nager et voler sur la rivière ! Et je trouve que ce sont de très très beaux animaux, attachants.

Cane colvert qui couve

Que ce soit colvert ou barbarie, ce sont des volailles grégaires qui aiment être en groupe. Autant les poules ont un côté « anarchiste » autant les canards vivent et évoluent en groupe, il est d’ailleurs possible de les conduire en troupeau avec un chien.

Je trouve que les canards sont une bonne alternative ou complément aux poules, et qu’ils mériteraient d’être plus connus et davantage élevés. Je ne sais pas trop pourquoi ils sont devenus rares dans les basse-cour, mais c’est bien dommage. Alors si ça vous tente, n’hésitez pas à adopter des barbaries, des coureurs indiens, Rouen ou même colvert. La seule contrainte est d’avoir un peu d’eau, pas beaucoup, mais il vaut mieux la changer tous les jours.

Brioche, caneton colvert, à 1 jour

Conserver le dégradé d’un fil dans un tissage

On a parfois envie de tisser de jolis écheveaux teints en dégradé comme celui-ci par exemple :

Fil « Turin » en laine, soie et ramie.

Mais si on le tisse sans prendre de précautions particulière, on perd cet effet dégradé. Dans Handwoven septembre/octobre 2010, il y a un article qui explique comment conserver le dégradé d’un écheveau teint à la main. C’est exactement le même principe qu’expliqué sur Weavezine.

Le principe consiste à mesure la circonférence de l’écheveau, et d’ourdir en circulaire (c’est à dire sans faire d’allers-retours) un multiple de cette circonférence. Par exemple, mon écheveau ci-dessus mesure environ 140 cm, ce qui est trop court pour une écharpe. J’ai donc préparé une chaîne d’environ 2,80 m (deux fois la circonférence de l’écheveau). J’ai fais un encroix, mais j’aurais pu m’en passer pour un fil de cette épaisseur.

Ourdissage

En chaîne, fil « Turin« , poids fil à chaussette, dans les tons vert et bleu, et du Turin noir pour faire ressortir les couleurs. Tissé à 5 fils au cm sur le métier à tisser Cricket.

Echarpe en dégradé sur le cricket

En trame j’ai opté pour de la laine zéphir noire, en faisant attention à ne pas tasser trop fort, pour conserver les 5 fils au cm. Le résultat est une jolie écharpe bien souple.

Echarpe avec fil de chaîne dégradé

Cela me donne envie d’essayer la même chose sur un métier à galon !

Effets de chaîne en tissage

Cela fait quelques années que je croise régulièrement les magnifiques créations de Juanita Girardin. J’aime les effets de motifs en longueur dans l’écharpe, plutôt qu’en largeur. Et j’aime aussi la façon dont les couleurs ressortent. Alors j’ai décidé d’essayer de réaliser de tels tissages. Mes recherches m’ont amenées chez « Gangewifre Weaving » qui a eu la même démarche que moi pour tenter de recréer une écharpe style Juanita Girardin 🙂 Ses publications, le bref pour son écharpe, ainsi que cet article sur un autre blog, m’ont bien aidé à comprendre le principe.

Et le mieux pour valider l’idée, c’est encore d’échantillonner, même si c’est souvent fastidieux, je n’avais pas trop le choix quand même….

Echantillons de tissage avec fils de chaîne supplémentaires

A droite, du coton 20/2 mis en double pour le fond, et en quadruple pour les fils de motifs, avec 10 fils au cm si ma mémoire est bonne. A gauche, du coton 20/2 en simple pour le fond, et en double pour les motifs, tissé à 12 fils au cm. J’aime mieux le rendu. J’ai volontairement opté pour une densité un peu lâche pour que l’écharpe conserve sa souplesse. Nous étions en janvier, je venais de faire une belle grande randonnée en forêt, les couleurs de l’hiver m’ont inspiré ma première réalisation.

Les couleurs de la forêt en hiver

Techniquement, il s’agit de « ceinture de moine tournée » (« turned monk’s belt » en anglais). J’ai utilisé 8 cadres, 2 cadres pour l’armure toile de fond, que j’ai enlissé sur les cadres 7 et 8. Et 6 cadres pour les motifs. Il vaut mieux utiliser un métier à manette car il y a plus de 8 combinaisons de cadres différentes tout au long de l’écharpe.

Les fils de motifs viennent en plus de l’armure toile, la densité de 12 fils ne concerne donc que les fils du fond. En réalité j’ai le double de densité au niveau des motifs. Donc, ça fait parfois un certain nombre de fils à passer à travers le peigne.

Le mieux c’est d’avoir une deuxième ensouple qui ne reçoit que les fils de motifs, car ceux-ci peuvent avoir une tension différente de la toile puisqu’ils travaillent moins souvent. Néanmoins je n’avais pas de deuxième ensouple donc j’ai plié tout ce petit monde ensemble, et pour une seule écharpe d’environ 1,8 m terminée, cela s’est bien passé.

Echarpe « forêt d’Argonne en hiver »

Pour la deuxième écharpe j’ai complexifié un peu le tissage et fait un mix entre de l' »overshot tourné » (« turned overhsot » en anglais) et ma ceinture de moine. Pour l’overshot en fil de chaîne, il faut 6 cadres, là où seulement 4 suffisent pour l’overshot classique. Toujours nos deux cadres pour la toile (ce qui correspond au fil de liaison en trame dans le cas d’un overshot classique), et 4 pour le motif. Il me reste 2 cadres disponibles pour deux blocs de ceinture de moine.

Ciel étoilé

Et toujours du coton 20/2 à 12 fils au cm et fil supplémentaire mis en double. Pour ajouter un peu d’effets de couleurs, j’ai doublé mes fils avec chaque fois deux couleurs différentes. Ça ne se voit pas sur la photo…

Echarpe « ciel étoilé »

Un bref peut être plus parlant que des explications écrites, alors voici une portion de mon écharpe, avec l’overshot et la ceinture de moine.

Bref pour l’overshot et la ceinture de moine en chaîne