Forêt magique

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Ombre et lumière

Entre ombre et lumière, quelque part dans le silence de la forêt d’Argonne

Un elfe se cache peut-être ?

Un elfe se cache peut-être ici ?

Tapis de mousse.

Tapis de mousse.

Cueillette magique ?

Cueillette de plantes magique ? La callune pousse ici…

Arbre tordu ou... ?

Arbre tordu ou… ?

Clairs obscurs

Clairs obscurs

En lisière des bois

Lisière des bois.

Serviettes et tapis

Je ne suis pas des plus régulières dans la mise à jour de mon blog :blush_tb: .Pourtant je tisse. Pas forcément beaucoup, mais depuis le dernier billet à ce sujet ici, j’ai quand même quelques photos à vous montrer !

J’ai vraiment pris la décision de remplacer tout le linge de maison par mes propres tissages. Jusqu’ici je réalisais beaucoup de torchons, mais pas du tout de serviettes de table. Je pallie donc à ce manque. Voici une première série, j’ai utilisé un bref de Mary Meig Atwater dans son ouvrage « Recipe Book, patterns for Handweavers » disponible en téléchargement gratuit ici.

Serviettes de table d'après Mary Meigs Atwater

Serviettes de table d’après Mary Meigs Atwater

Pour ces serviettes j’ai utilisé du cotolin à 9 fils au cm, sur 4 cadres.

Une autre série de serviettes, toujours en cotolin, dont j’aime beaucoup le toucher et le rendu.

Serviettes de table

Serviettes de table

Toujours 9 fils au cm et 4 cadres.Il faudra qu’un de ces jours je vous parle de mon « nouveau » métier à 4 cadres (nouveau depuis cet été, mais décidément j’ai beaucoup de mal à tenir mon blog à jour).

Dans le même ordre d’idée, nous avons également décidé de nous passer d’éponge. Il fallait donc trouver des remplaçants. Voici de nouveaux linges à vaisselle :

Lavettes en chanvre

Lavettes en chanvre, modèle ici.

J’ai utilisé du fil de chanvre, 9 fils au cm, et une armure « nid d’abeille » sur 4 cadres, pour avoir un coté plus épais et absorbant. Le modèle est ici, si vous avez envie de vous lancer.

Un ensemble essuie-main et lavette de table en nid d’abeille en coton bio, réalisé sur 4 cadres :

Ensemble en nid d'abeille

Ensemble en nid d’abeille

Me voilà pourvue en tout ce qu’il faut pour essuyer et laver 😉

Me reste à tisser des tapis, pour remplacer un peu tout ceux de la maison. D’abord, celui qui sera devant l’évier de la cuisine :

Tapis en reps de chaîne

Tapis en reps de chaîne

Il s’agit d’un type de tissage nouveau pour moi, le reps de chaîne. L’idée est que la chaîne masque totalement ou presque la trame, cela signifie une forte densité en chaîne. C’est ce qui jusqu’ici m’avait toujours arrêté. Pourtant le résultat est vraiment magnifique. Ce qui m’a fait longtemps cogiter également c’est le fait d’utiliser une trame très épaisse (c’est elle qui donne cette effet côtelé, en alternance avec une trame fine). Autant aux US on trouve vraiment un large choix de fils de tissage facilement, autant en Europe c’est tout de suite plus compliqué. Finalement dans un livre (anglais bien sûr…) j’ai trouvé la solution : utiliser plusieurs brins du fil utilisé pour la chaîne. Ici 10 brins de fil de chaine forment ma trame.

Détail du tapis en reps de chaîne

Détail du tapis en reps de chaîne

Toujours 4 cadres, mais il me fallait mon plus grand métier car il faut tasser fort. Je suis tombée en amour du reps de chaîne et je prévois d’autres tapis dans cette technique, finalement assez simple et rapide à réaliser malgré les 660 fils de chaîne que j’ai dû enfiler !

La suite sera pour un prochain billet !

Le blé ancien, suite

Petanielle noire de Nice (blé ancien), planche Vilmorin 1880

Petanielle noire de Nice (blé ancien), planche Vilmorin 1880

Mon article sur le blé ancien a suscité bien des réactions ici et en privé et je suis contente de savoir qu’il trouve un écho parmi vous.  Certains m’ont fait part de leur projet de s’installer comme paysan-boulanger, pour cultiver et transformer du blé ancien, d’autres de leur choix de ne plus vouloir consommer du blé moderne. D’autres encore m’ont appris des informations que j’ignorais, à savoir que l’épeautre (Triticum spelta) que l’on dit être une céréale ancienne, a été fortement modifiée depuis les années 1990 afin d’augmenter son rendement, ce qui fait qu’il n’est plus une alternative valable au blé moderne puisque lui aussi contient du gluten à chaînes longues, peu digeste.
J’ai trouvé ces échanges très enrichissants et je vous en remercie. Je reste toujours ouverte à vos réactions.

Beaucoup d’entre vous souhaitent changer leur alimentation et en particulier passer au blé ancien, souvent pour des raisons de santé, mais aussi par choix de vie. Malheureusement les variétés qui ne sont pas inscrites au catalogue officiel sont interdites à la vente. Or les blés anciens sont souvent cultivés en population et ne sont donc pas toujours reproductibles, ils ne sont pas inscrits au catalogue.
Pourtant la non reproductibilité d’une plante est un atout pour son adaptation à un terroir et à un milieu, mais bien sûr c’est un handicap dans notre société normalisée où nous avons besoin de connaître précisément le taux de protéines d’un blé en vue de le transformer en pain. Il n’y a pas deux poids et deux mesures, le petit boulanger qui sait encore faire du vrai pain et s’adapter à sa farine n’est pas reconnu et est en voie de disparition, ainsi que les variétés anciennes de blé pourtant plus goûteuses et plus nourrissantes.

C’est à nous de nous prendre en main si nous voulons changer cela.

Nous sommes dans une société en apparence faite de choix et d’abondance, mais en réalité quand on décide de notre alimentation, on se rends vite compte que c’est une chimère. Trouver des semences de blé ancien à cultiver ou bien de la farine relève de la gageure. Alors à la question « où trouver de la farine de blé ancien ? » je réponds qu’en dehors de mon secteur, je n’en sais rien.

De plus en plus de paysans se mettent à la vente directe, qui est plus valorisante et plus rémunératrice que la filière classique. C’est ainsi que beaucoup investissent dans un moulin à meule de pierre et proposent leur farine. Il y a forcément un agriculteur qui vend sa farine en direct près de chez vous. Demandez-lui quelle variété de froment il utilise, et si elle n’est pas antérieure à 1950, parlez-lui des variétés anciennes, plus rustiques, et dont le rendement est plus élevé en agriculture biologique que les blés modernes (sélectionnés pour pousser à grand renfort d’engrais et de pesticides).
Faites fonctionner le bouche-à-oreille du milieu paysan ou alternatif, peut-être apprendrez-vous, tout comme moi, qu’un petit paysan de votre secteur cultive du blé ancien. Certains meuniers vendent leurs farines de blés anciens ou dits « de population » sur internet.

Amidonnier noir (ou Emmer)

Amidonnier noir (ou Emmer)

Ce printemps chez Kokopelli on pouvait trouver quelques semences de variétés de blé ancien, le blé de Banat, l’engrain noir et le meunier d’Apt, parrainés par quelques amateurs. Ces 3 variétés sont épuisées à l’heure où je rédige cet article. Biaugerme propose du blé rouge de Bordeau et on trouve quelques variétés chez Graines del Pais (blé Bladette de Puylaurens et blé des Vosges).
L’INRA dispose de beaucoup de variétés dans ses réfrigérateurs mais il faut être agriculteur pour pouvoir en obtenir « à titre expérimental ».

Quoi qu’il en soit la souveraineté alimentaire est un droit pour lequel nous devons tous nous battre, que ça soit dans les pays pauvres comme dans les pays développés.

Si tout comme moi vous êtes fasciné par la biodiversité des blés, je vous renvoie sur le site d’Agropolis-Museum, qui met gratuitement à disposition la version numérique d’un livre Vilmorin de 1880 :  « les meilleurs blés« .