Tissage double deflected

Dans le tissage, j’aime bien comprendre et découvrir de nouvelles manières de tisser. Bien sûr, il n’existe pour ainsi dire rien en français sur ces techniques spécifiques, tant pis, j’ai pour ainsi dire appris à tisser en anglais, et parfois il faut carrément aller chercher dans d’autres langues plus nordiques.

C’est le tissage « deflected » qui m’a intéressée ces derniers mois. Un genre de tissage double, dans lequel les fils de chaîne ne sont pas tous tissés ensemble. Un peu difficile à expliquer, mais si ça vous intéresse, il y a de la documentation en anglais ici.

C’est en voyant ce modèle en finnois que j’ai eu envie de m’y mettre. De toute façon les brefs parlent d’eux-même et ça n’a pas été un problème de m’en sortir. J’ai juste eu quelques interrogations concernant le choix de mon peigne pour le nombre de fils au cm par rapport à la laine que j’ai voulu tisser.

Et donc voici mon premier essai, en laine Zephir, 9 fils au cm et tissage sur 8 cadres (j’avais déjà montré cette photo dans un précédent billet) :

Tissage en pure laine type "deflected double-weave"

Tissage en pure laine type « deflected double-weave »

Les lisières sont déroutante à gérer au tout début, cette vidéo m’a bien aidée à comprendre pour qu’elles soient nettes.

Et le détail :

Détail tissage deflected

Détail tissage deflected

C’est en principe une fois lavé que le tissage s’arrondit un peu, que les deux couches de tissu se mettent bien en place :

Tissage deflected lavé

Tissage deflected lavé, de gauche à droite du moins feutré vers le plus feutré.

Comme ça m’a bien plût, j’ai réitéré avec un tissage plus technique, modèle trouvé dans un Handwoven, et où le principe consiste à utiliser deux matières, l’une rétrécissant et l’autre pas, afin de former des volumes texturés. Typiquement, c’est coton et laine qu’on utilise.

Tissage type deflected avec deux matières, laine et coton.

Tissage type deflected avec deux matières, laine et coton.

Mais pour que la laine ait la place de feutrer, il vaut mieux qu’elle soit tissée plus lâche que le coton. Et puis, la laine est extensible, pas le coton. Il est conseillé d’utiliser deux ensouples dans ces cas-là.

J’ai donc installé ma chaîne coton sur mon ensouple habituelle, qui est sectionnelle, tandis que j’ai installé ma laine sur la deuxième ensouple, qui elle, n’est pas sectionnelle. Sachant que j’ai deux densités de tissage différentes, le coton se tissant à 9 fils au cm et la laine à 6 fils… Je vous laisse imaginer les calculs pour arriver à rendre tout cela cohérent :P

Installation du tissage sur le métier

Installation du tissage sur le métier, l’ensouple haute est sectionnelle.

Mais j’y suis arrivée ! En fait si j’ai tardé à tisser tout cela c’est qu’au bout du compte j’ai trouvé l’écharpe de gauche très ennuyeuse à tisser. Comme mes envies de tissage devenaient pressantes, je me suis un peu dépêchée de terminer. C’est un tissage double et le recto est différent du verso.

Avant feutrage, recto et verso

Avant feutrage, recto et verso

Est venue l’étape du feutrage. J’ai commencé à la main mais il s’avère que c’était très fastidieux pour un résultat peu satisfaisant si je voulais vraiment feutrer beaucoup. La machine à laver a très bien fonctionné, même peut-être un peu trop !

Voici l’écharpe de gauche après feutrage :

Après feutrage

Après feutrage

Et puis celle de droite, recto-verso :

Après feutrage, recto et verso.

Après feutrage, recto et verso.

Le rendu est assez rigolo, mais c’est trop épais pour une écharpe à mon goût. Surtout que le feutrage a rendu ces pièces tissées assez irrégulières. C’était quand même une expérience intéressante !

Documentaires sur la permaculture et les semences

Voici une sélection de 3 vidéos que j’ai personnellement trouvées belles ou instructives.

Claude Bourguignon est un chercheur spécialisé dans la vie des sols, dont les interventions font sens pour moi, car il explique les choses d’une manière particulièrement globale, replaçant un peu tout dans son contexte de manière logique. S’il ne fallait suivre qu’une seule de ses interventions, ce serait celle-ci. Attention, c’est très dense, mais il a tout dit !

La voix du vent, semences de transitions, est un superbe film porteur d’espoirs et d’idées (aller sur le site) sur les manières de cultiver et de vivre autrement :

Des cultures et des villes : l’agriculture en milieu urbain.

Le jardin aussi !

C’est le printemps ! La nature se réveille, et la vie se créée !

Cette année nous avons décidé de ne faire que nos propres plants à partir de graines libres de droit, et à pollinisation libres (c’est à dire des graines qui se reproduisent toutes seules, pas des hybrides F1, et qui n’appartiennent pas à des semenciers ; comme fournisseurs il existe Kokopelli, Le biau germe, Semaille, la Ferme de Ste Marthe…). Plus question d’avoir des hybrides au jardin ! Contrairement aux idées reçues les variétés hybrides que l’on dit « améliorées » ne représentent pas du tout une amélioration par rapport aux semences à pollinisation libres. Elles sont souvent plus fragiles, et comme elles stressent beaucoup (trop chaud, trop sec…), à moins d’utiliser beaucoup de produits de traitements, elles donnent peu. Et puis, il existe un grand nombre de variétés potagères en pollinisation libre, pour tous les sols, les climats, les jardins ! On est loin du peu de choix offerts par les grainetiers classiques…

Semis de printemps

Semis de printemps dans la véranda du futur atelier tissage-filage

Un ami nous a dit avoir eu une excellente cueillette de fraises jusque tard en saison, poussées dans une gouttière et installées dans sa véranda, nous l’imitons cette année :)

Et puis, sensibilités par la permaculture et la vie des sols (en particulier avec les travaux de Claude et Lydia Bourguignon), nous avons commencé à mettre en pratique d’autres façons de jardiner. Déjà l’année dernière nous n’avons pas effectué de travail du sol, et l’avons laissé recouvert. Le résultat sur des pommes de terre avait été à la hauteur de nos espérance. Pratiquement cultivées dans du BRF, la récolte a été abondante et les pommes de terre se sont très bien gardées contrairement aux précédentes années.

Nous avons la chance que notre agriculteur qui nous fourni blé, viande, lait, fromage etc… nous laisse ramasser toute la paille trop courte pour servir à ses animaux. Et comme c’est de la paille bio, nous avons fait les gourmands :P

Et voici donc une partie du jardin avec la paille en stock sur un coté, avant d’être étalée un peu partout ou mise en butte :

Une partie du jardin

Une partie du jardin

Nous allons tester la culture sur butte, et voici un départ de butte, avec du bois mort au fond, qui sera recouvert de paille et de terre.

Début de la butte

Début de la butte

La vie naît aussi chez les poules. C’est magique les œufs. D’abord, c’est délicieux à manger sous toutes ses formes. Et puis si on les fait chauffer à 38°C pendant 3 semaines, il en sort des poussins.

Poussin pékin d'1 jour

Poussin pékin d’1 jour

Pékins et meusiens

Poussin pékins (gris) et Meusien (jaune)

Coq Meusien

Coco prend la pose (coq Meusien)

Mon beau et gentil coq Meusien abîme les poules en les cochant, alors il a fallu leur mettre des selles de protection adaptées. Les deux blanches sont cousues maison, l’autre vient de chez Louise Country Closet. Cela ne les empêchent pas de vivre leur vie de poule et de se poudrer gaiement (leur douche à elles) !

La toilette des poules

La toilette des poules

Et puis parce que c’est quand même un blog textile, voici des coussins, depuis longtemps tissés mais récemment assemblés et finis. Le rouge et jaune est en chenille velours, les bleus et jaune en laine shetland :

Coussins en tissage

Coussins en tissage