Tourisme

Cela fait deux années que nous ne sommes pas partis en vacances. Finalement cela ne nous manque pas. Pourquoi partir quand on est bien chez soi et qu’il y a tout à y faire ? Par contre nous n’hésitons pas à rayonner dans les environs, à la découverte de lieux ou de gens !

L’Aire, la rivière qui coule devant chez nous a été complètement nettoyée l’année dernière, les grands arbres qui entravaient son cours ont été coupés. Elle est devenue superbe et surtout praticable à barque, et nous pouvons donc en profiter d’autant qu’il est facile d’embarquer depuis le fond du jardin.

Rivière Aire en amont.

Sur l’Aire

Par une autre belle après-midi de septembre, nous sommes allés rendre visite à Laëtitia et ses brebis, ce sont nos fournisseurs officiels en délicieux lait, fromages et yaourts :P

Chez Laëtitia

Une brebis

Les paysages à cette saison sont vraiment superbes, la journée était idéale pour parcourir le pré, un vrai pré, avec des haies, des buissons, des fleurs, une source… Cela devient trop rare de voir tant de diversité.

Le pré de Laëtitia

Le pré de Laëtitia

Vache Montbéliarde et son veau

Vache Montbéliarde et son veau

Laëtita a vraiment démarré l’année dernière, et nous lui souhaitons tout la réussite possible dans son beau projet qu’elle mène avec beaucoup d’énergie ! Cela commence par l’achat régulier de ses produits bien sûr, car souhaiter une réussite, ce n’est pas suffisant ;)

Le troupeau

Le troupeau

Je pourrais aussi vous parler du vannier de Boult-aux-Bois, chez qui nous nous approvisionnons en paniers, volettes et autres ustensiles fort utiles du quotidien. Nous n’hésitons pas à lui faire faire du sur-mesure (un panier pour nos pots à lait par exemple) et c’est un passionné qu’on écouterait parler pendant des heures.

La région de Boult-aux-bois vivait traditionnellement de la vannerie avant les années 50. D’ailleurs le grand-père paternel de Cher&tendre, originaire de Toges juste à côté, a été vannier une partie de sa vie ; sa grand-mère fabriquait des « togeardes« , de grosses allumettes trempées dans du souffre. L’osier jaune de Falaise est une variété typique de la région. Aujourd’hui tout cela a disparu, quoi que…

Et puis, cela faisait quelques années que vous voulions découvrir les côtes de Meuse. C’est fait, et nous n’avons pas fini d’y aller !

Paysage typique de vergers, vignes et bois.

Les côtes de Meuse : paysage typique de vergers, vignes et bois.

C’est une région de cocagne : mirabelles bien sûr, mais aussi pommes, poires, quetsches, abricot, pêches, cerises et vignes. Le tout en alternance, avec des bois, des haies, et des vignes chargées de raisins qui poussent dans les haies. Une belle diversité paysagère et un côté un peu authentique. C’est que la Lorraine est une région de vergers, on a tendance à l’oublier, car on imagine plutôt les hauts fourneaux et la sidérurgie du nord de la Lorraine.

Il y a quelques vignerons dans les Côtes de Meuse, qui produisent du vin gris, du pinot, du Chardonnay et de l’Auxerrois, un cépage blanc typiquement Lorrain. Le vin gris a mauvaise réputation car il est associé au gris de Toul. J’ai été choquée d’entendre qualifier un vin blanc du secteur de « petit vin ». Pour moi il n’a rien à envier à un vin d’Alsace ou de Savoie. Mais peut-être qu’au final, c’est mieux ainsi. Que ce vin reste pour ceux qui savent l’apprécier, avec des vignerons qui aiment leur travail et qui parlent de leur vigne et de leur terroir avec passion.

Chacune de ces sorties, de ces visites, a été une journée de vacances, nul besoin d’aller très loin pour voyager, dans une culture, dans une région, ou même dans le passé.

Les réserves pour l’hiver et la lactofermentation

L’automne arrive… C’est la période où l’on commence à récolter et faire des réserves pour la mauvaise saison. Cette année nous ne mettrons aucun fruit ni légume au congélateur (on le faisait rarement cela dit, sauf les haricots verts mais nous étions toujours déçus). Il y a des alternatives, non seulement moins énergivores, mais tellement meilleures au goût ! Cela laissera de la place au congélateur pour la viande que l’on achète en direct aux producteurs.

Nous le faisons depuis des années : faire sécher les fruits. Il suffit de les réhydrater au moment de faire une tarte par exemple. Les fruits séchés se conservent des années dans de simples bocaux, en plus ils sont délicieux à manger comme cela.

Des mirabelles et des quetsches sèches.

Des mirabelles et des quetsches sèches.

Les carottes et autres légumes racines se conservent bien dans du sable dans une cave. Les pommes de terre se gardent aussi en cave ainsi que les pommes. Nous avons mangé les pommes de notre jardin jusqu’en mars de cette année, et elles sont restées excellentes jusqu’au bout.

Et pour les autres légumes qui se gardent mal en cave, ce que nous avons essayé et adopté cette année c’est la lacto-fermentation. La choucroute est le plus connu des aliments lacto-fermenté, et on peut conserver de cette manière tous les légumes. L’avantage est qu’il n’y a pas besoin d’électricité, d’appareils compliqués… de simples bocaux et du sel suffisent. C’est rapide et facile à faire, il n’y a pas besoin de stériliser et en plus c’est excellent. Si l’aventure vous tente je vous conseille le site de Marie-Claire, une mine d’informations et elle en parle tellement mieux que moi…

Jus de mûre fermenté, haricots et choucroute lactofermentés.

Jus de mûre fermenté, haricots et choucroute lacto-fermentés.

Nous avons d’abord réalisé une première série de choux et de betteraves rouges lacto-fermentés que nous avons dévoré en quelques jours. Pourtant la betterave rouge, crûe en général je n’aime pas trop. Mais lacto-fermenté cela n’a plus rien à voir, c’est comme un peu cuit, meilleur au goût et vraiment digeste. Nous avons pris l’habitude de ne pas manger de fruits ou légumes crûs le soir car c’est l’assurance d’une mauvaise nuit (les légumes crûs ne sont vraiment pas digestes contrairement aux idées reçues). Mais ce qui est lacto-fermenté ne nous pose aucun problème.

Quant à la choucroute, depuis que j’ai lu comment elle était fabriquée aujourd’hui et avec quel chou, je pense que je ne suis pas prête d’en racheter dans le commerce ! D’abord la choucroute est loin d’être une spécialité alsacienne. Originaire de Chine il y a environ 2000 ans, elle est consommée traditionnellement dans diverses régions du globe, de l’Europe de l’est jusqu’au Chili, en passant par la Chine.

En Alsace, elle était traditionnellement réalisée avec du chou « quintal d’Alsace », un très gros chou juteux qui pouvait atteindre jusqu’à 7 kgs. Mais la production de ce chou ancien est devenue confidentielle. Des hybrides le supplantent, pire encore, le chou à choucroute n’est pour ainsi dire plus produit en Alsace mais dans l’Aube, la Sarthe et le Pas-de-Calais… quand il n’est pas importé des pays de l’est !

Pour obtenir de la choucroute, il faut compter un minimum de 3 semaines de fermentation. Mais les industriels, pour raccourcir ce délai à 2 semaines, ajoutent du vinaigre. L’inconvénient est que la choucroute est trop acide pour la consommer telle quelle, il faut la rincer et même parfois ajouter du bicarbonate pour annuler cette acidité. Ce qui est dommage quand on connaît les bienfaits de la lacto-fermentation.

Notre choucroute « maison » n’est pas acide et nous n’avons pas eu besoin de la rincer pour la consommer. Ce fut une réussite et nous avons donc refait de plus grandes quantités pour en consommer tout l’hiver.

Enfin nous nous sommes essayés au vinaigre, le vinaigrier proposé par le Clos Saint Antoine nous paraissait intéressant d’autant qu’avec le vinaigrier est fourni du vinaigre de démarrage. On aurait aussi pu utiliser n’importe quel vinaigre qui n’aurait pas été pasteurisé (ce qui n’est pas si fréquent).

Du vinaigre de vin bio maison.

Du vinaigre de vin bio maison.

Au bout d’1 mois environ nous avons soutiré notre premier vinaigre. L’étape suivante sera de faire de la moutarde, et de varier les vinaigres : avec des pommes, des framboises ou du miel. Mais pas ajouter du jus dans du vinaigre, non, faire fermenter le jus pour qu’il se transforme en vinaigre. C’est plus intéressant !

Soutirage du vinaigre.

Soutirage du vinaigre.

Des teintures végétales et du tissage pour l’été

L’été continue en demi-teinte. Si le mois de juillet a été relativement beau, chaud et sec, ça n’est plus le cas d’août qui est pour l’instant plutôt frais et humide.

Les pêches en juillet

Les pêches en juillet

J’ai quand même continué mes expérimentations en teintures végétales, il y a toujours des essais à faire pour tenter d’obtenir telle ou telle couleur. J’aime travailler avec la garance, c’est vraiment une plante tinctoriale que j’apprécie par la variété de couleurs qu’il est possible d’obtenir :

Les couleurs de la garance

Les couleurs de la garance

La dernière série qui me comble visuellement :

Bourdaine, rhubarbe et pastel.

Bourdaine, rhubarbe et pastel.

De gauche à droite bourdaine en macération basique, rhubarbe dans 4 nuances (orangé, jaune clair, jaune soleil et vert mousse), rhubarbe et pastel (vert et gris violet), et pastel (3 tonalités de bleus). Aucune de ces laines n’a été mordancée, la bourdaine et la rhubarbe ont été réalisés à froid, soit par macération basique, soit simple macération. C’est là où la teinture par fermentation rejoint la teinture plus classique, est-ce que ce sont vraiment deux méthodes radicalement différentes ? Je finis par me poser des questions.

Paradoxalement, en teinture végétale, il y a une couleur qu’il n’est pas possible d’obtenir « en l’état », c’est le vert franc. La chlorophylle n’est en effet pas soluble dans l’eau. On peut se rapprocher d’une idée du vert mais on n’obtiendra pas vraiment un vert émeraude. La seule solution c’est d’avoir recours à une surteinture avec du bleu et du jaune. C’est ce que j’ai réalisé ici avec la rhubarbe et le pastel :

Surteinture de pastel et de rhubarbe.

Surteinture de pastel et de rhubarbe.

En haut le vert est obtenu en trempant un écheveau bleu dans un bain de rhubarbe. En bas c’est l’inverse que j’ai fait, j’ai trempé un écheveau jaune dans la cuve de pastel. Dans les deux cas je pensais obtenir du vert, quelle surprise en sortant l’écheveau gris-violet de la cuve de pastel ! Je suppose que la rhubarbe a viré de couleur dans la cuve au pH basique, bien que je n’aurais théoriquement pas dû obtenir ce violet avec une laine orangée surteinte en bleu. Une belle surprise et une nuance à mon goût superbe.

Côté tissage j’ai terminé un chemin de table en coton mercerisé :

Chemin de table en overshot

Chemin de table en overshot

Détail du chemin de table

Détail du chemin de table

Démarré un tissage type été-hiver toujours en coton mercerisé :

Tissage été-hiver

Tissage été-hiver

Et parallèlement, entamé le tissage d’une écharpe sur mon mini-métier Structo. La chaîne est en laine Zephir que j’avais teint l’année dernière avec les couleurs de la cochenille, la trame est aussi en Zephir mais noir (teinture conventionnelle). La cochenille est une autre très belle teinture qui donne des roses tyriens et des cramoisis à se pâmer ;)

Chaîne en couleur de la cochenille.

Chaîne en couleur de la cochenille.

Structo était une société américaine fondée en 1908 et qui fabriquait des jouets en métal. En 1921 ils ont commencé à fabriquer des petits métiers à tisser « jouets ».
Mary Meg Atwater, une figure bien connue dans le monde du tissage anglo-saxon, a écrit un manuel pour le Structo en 1930. Bertha Gray Hayes a utilisé le Structo pour réaliser ses motifs miniature en overshot.

Un petit métier à tisser de 20 cm de large avec 4 cadres.

Un petit métier à tisser de 20 cm de large avec 4 cadres.

Le métier est vraiment petit, mais avec le peigne qui fait 6 fils au cm et ses 4 cadres, il n’a rien d’un jouet ! Je regrette qu’il ne s’en fabrique plus, tellement il est agréable à utiliser et… à transporter !

Echelle avec un stylo

Echelle avec un stylo

Et pendant les poses, on découvre et on transforme le lait de brebis !  Merci à notre fournisseuse préférée de lait de brebis bio, qui s’est lancée depuis peu dans l’aventure agricole et fromagère avec ses 35 moutons !

Du beurre de brebis maison et du pain au levain maison

Du beurre de brebis maison et du pain au levain maison

Je ne savais pas qu’il était possible d’obtenir du beurre au lait de brebis avant d’en faire. Le beurre est délicieux, tout blanc, et très crémeux. Le lait de brebis a un goût plus doux que le lait de vache, j’ai pu en déguster du crû pour la première fois. Quant aux yaourts de brebis, c’est tout bonnement divin !