A la recherche du blé ancien

Taxonomie du blé

Taxonomie du blé

Parce que je refuse ce système de sélection à outrance, que ça soit des animaux (j’écrirais là-dessus un jour) ou des végétaux, je refuse de faire le jeu de l’agriculture productiviste. Comme je l’écrivais dans mon article sur le blé, les variétés modernes d’après 1950 ont été sélectionnées pour que leur taux de gluten insoluble soit élevé, afin de pouvoir être panifiés de manière industrielle. Seulement, ce gluten n’est pas le plus digeste ni le plus nutritif. Cf cet article sur Boulangerie.net. Je précise qu’à priori je ne suis pas intolérante ni allergique au gluten, et ma motivation première n’est pas l’aspect santé (bien que cela entre en ligne de compte, mais seulement en deuxième position). Ce qui me motive c’est surtout le fait de gagner en autonomie, donc en liberté.

C’est pourquoi je suis partie à la recherche de blés anciens. Sachant qu’une loi interdit la vente, le don et l’échange de semences qui ne sont pas inscrites au catalogue officiel. Que les semences de blé ancien ne sont précisément pas inscrites dans ce fameux catalogue parce que leur variabilité génétique est trop grande – pour faire simple, une semence de blé ancien n’est pas reproductible à l’identique, et ça, les industriels n’aiment pas. C’est pourtant l’atout principal du blé ancien, sa faculté d’adaptation à un sol, un climat. Dans le livre culte de mon Cher&tendre, « mémento agricole », daté de 1923 (un trésor qui a une belle histoire), il est écrit :

Il faut choisir une variété qui convient à la nature du sol, au climat et à l’époque du semis. Les blés mélangés sont toujours les plus productifs et les moins aléatoires.

Aujourd’hui encore, les quelques paysans-boulanger qui ont su faire sortir des banques réfrigérées de l’INRA des variétés anciennes à titre expérimental, les cultivent presque toujours en « population », contrairement à l’agriculture conventionnelle qui préfèrent l’uniformisation et la culture de clônes normés pour les besoins de la grande distribution.

Évidemment, dans ce contexte aux enjeux économiques majeurs, les « blés de population » sont très difficiles à trouver. En revanche, on a accès assez facilement à des blés plus anciens dans les magasins bio. Par exemple le blé de Khorasan (vendu sous le label « blé Kamut »), mais aussi l’épeautre et l’engrain (ou petit épeautre).

Le blé Kamut est un blé dur, riche en gluten, qui se panifie et qui permet aussi de réaliser des pâtes. Génétiquement, il est relativement peu modifié (28 chromosomes). Il semble intéressant mais je ne m’y suis pas encore trop penchée, parce qu’à priori j’aurai du mal d’en obtenir auprès de producteurs.

Engrain, ou petit épeautre

Engrain, ou petit épeautre

L’épeautre et le petit-épeautre n’ont en commun que leur nom, c’est d’ailleurs une aberration de les regrouper sous cette même dénomination d’épeautre, car ils ne partagent pas la même génétique.
Le grand épeautre possède, comme le froment, 42 chromosomes, signe d’une modification génétique (mais lointaine quand même), tandis que l’engrain, le petit épeautre possède 14 chromosomes comme les premiers blés (sa culture remonte à plus de 7000 ans !).

L’épeautre est riche en gluten et donc panifiable, mais mon Cher&tendre ne le supporte pas du tout (allergie ?). Donc, pas d’épeautre dans notre cuisine.

Farine intégrale d'engrain

Farine intégrale d’engrain, fraîchement moulue

C’est surtout l’engrain qui a retenu mon attention pour l’instant. En France, il est essentiellement cultivé en Haute-Provence et sa culture est souvent liée à celle de la lavande. Comme il possède peu de gluten, il est idéal pour la pâtisserie, tout en étant quand même panifiable. Sa farine a une belle couleur jaune claire, et les biscuits sont croustillants à souhaits. Son goût est vraiment excellent, et comme en plus c’est une céréale rustique et peu exigeante, il correspond tout à fait aux critères que nous nous sommes fixés, Cher&tendre et moi.

Sablés à la farine d'engrain

Sablés à la farine d’engrain

Quant au blé ancien, j’étais décidée à y goûter coûte que coûte, et j’ai commencé à mener mon enquête, à en parler autour de moi, à chercher sur internet… Je pensais que les agriculteurs seraient loin, dans le sud de la France, qu’il faudrait que je me déplace… Et contre toute attente, j’ai appris qu’une ferme, à une heure de route de l’autre côté de la frontière, produit de la farine de blés anciens d’avant 1900 !
Ni une ni deux nous sommes allés chercher de ce blé quasi mythique qui nous faisait tant rêver, dans cette ferme au bout de nulle part. Ç’a été presque une expédition, on a bien failli se perdre, le GPS voyait la ferme, mais pas de route pour y accéder. Enfin nous y sommes arrivés, mais nous avons bien crû revenir bredouilles car il n’y avait personne. On peut dire qu’il s’est mérité ce blé ancien 😉

Paton de blé ancien

Pâton de blé ancien

De retour avec notre précieux chargement, Cher&tendre a tout de suite commencé à préparer son levain. Le blé ancien a un gluten « mou », et c’est vrai qu’il se déchire facilement. Il est tellement fragile qu’il n’y a pas besoin du tout de pétrir la pâte, surtout que le levain travaille pour nous (et oui, il faut oublier tout ce que l’on peut nous raconter à propos du pétrissage, ça n’est vrai que pour les professionnels avec des blés riches en gluten ! Pas besoin de pétrir quand on fait son pain au levain, c’est la « chimie » du levain qui fait le travail de pétrissage).
Il semble qu’il faille également un apprêt (la levée finale avant cuisson) assez court sinon le pâton s’affaisse assez vite.

Une chose à préciser avec les blés anciens et l’engrain : le son est plus fin et s’hydrate plus facilement que celui des blés modernes, il est plus digeste. Et le son est broyé plus finement dans une meule de pierre. Tandis que le son des blés modernes est épais, plus « rugueux », plus difficile à digérer. La différence dans la farine est flagrante ; moi qui n’apprécie pas du tout le pain complet habituellement, je ne suis pas dérangée par de la farine T80 ou T100 de blé ancien ou d’engrain car cela n’a rien à voir : la farine ne donne pas l’impression d’être complète.

Il faut savoir aussi que la farine classique est moulue dans des cylindres en métal, et que la farine complète est en fait recomposée après mouture. Que la farine classique ne contient plus le germe du blé, riche en vitamine E mais qui ranci très vite (et qui donc est un problème pour le circuit de grande distribution), tandis que la farine de meule le conserve.

Pain au levain aux blés anciens

Pain de blés anciens au levain

Enfin voilà le pain tant attendu !

Pour une première approche, nous sommes satisfaits. Le blé ancien (ici une farine de population d’environ 30 sortes de blés d’avant 1900) est plus aromatique que le blé moderne. Le pain est plus délicat à élaborer, c’est différent d’avec une farine de blé moderne.

Sur le plan gustatif, ça serait sans doute un peu difficile de passer directement de la baguette blanche constituée essentiellement de sucres rapides et de tout un tas d’améliorants, à du vrai pain, au levain et aux blés anciens. Mais nous avons effectué un passage en douceur et on apprécie vraiment ce pain, à la mie délicate et à la saveur particulière.

Cette année je vais tenter l’aventure du semis de blé ancien (avec du « rouge de bordeau » trouvé ici). Pas pour produire ma farine, hélàs le terrain me manque 🙁 Mais au moins pour essayer de maintenir un peu de cette biodiversité si malmenée.

En tout cas, le moulin à farine n’a pas fini de chauffer 😉

Moulin à farine électrique

Moulin à farine électrique

Edit du 17 décembre 2015 : Une suite à cet article ici.
Edit du 08 août 2017 : Visite d’une collection de blés anciens.

27 réflexions au sujet de « A la recherche du blé ancien »

  1. ouiiii il faut garder les ancetres pour la diversite…c effrayant la « monogenique »…effrayant….en tout cas tout un superbe cours….et du bon ble!!

  2. très intéressante ta démarche , c’est assez triste de penser que la production de masse se fait souvent au détriment de la qualité et de la biodiversité, dommage que tu n’ai pas eut à descendre en Haute Provence tu aurais pût passer par chez moi .

  3. bonjour, merci pour ces informations, je me réjouis toujours à vous lire
    je suis pour le naturelle mais on a du mal
    continués bien – ne perdez pas courage
    Claudine

  4. Bonjour,

    chouette démarche…

    je suis boulanger de formation (belge mais ça ne doit pas être vu comme un défaut lol) et ai créé une AISBL avec un point dans les statuts concernant la sauvegarde de variétés végétales ou animales anciennes. (page contact => clic pour devenir membre et tu liras les buts)

    à défaut de terrain pour toi, voudrais-tu accepter un deal?

    Je serais preneur de ton blé que je peux faire pousser chez moi (j’ai qques hectares vide depuis 2 ans.) Et ensuite, je te rends le double. Ou plus selon rendement. Qques centaines de grammes suffiront pour lancer la culture, je ne compte pas refaire de ses surfaces des monocultures alors que je les en ai détachées. Tout est en friche avec de la luzerne et de l’herbe ainsi que les espèces sauvages qui s’y sont surement installées. Au final, dans 3-4 ans, j’aurais assez de production pour faire mon pain cuit au feu de bois. Et toi, une réserve de graines si un jour tu as des soucis.

    Et si tu voulais nous visiter avec ton Cher & tendre, cela sera avec plaisir. Je m’installe en 2016 en Pologne… ^^ Why not?

    à réfléchir si cela te tente.

    Je m’abonne au fil pour une réponse ici ou en privé.

    Merci de me tenir informé.

    J W

    • Bonjour,

      Je vous relaie cette information de l’ITAB (Insitut Technique de l’AB) qui cherche 2700 m² en région sud pour faire des essais sur l’effet terroir dans la panification.

      Si cette info vous intéresse, laissez moi un petit mot, je vous enverrai les liens nécessaires.
      Cordialement
      Patrick

  5. Bonjour,
    Pouvez-vous me dire où trouver de la farine de blé ancien (le mieux à 4 chromosomes), je ne peux vraiment pas manger d’amidon, et seul cette farine avec un blé ancien m’est autorisé.
    D’avance merci

  6. Bonjour,
    je suis Boulanger dans le 49, te remercient de cette page d’information !
    je suis a la rechercher de blé population ou ancienne.
    je veux conserver la génétique naturel des blé pour la santé et notre avenir !
    a bientot !
    merci
    Christophe

  7. salut a tous je suis agriculteur dans le sud de la France proche Carcassonne. je suis spécialiser en culture de blés ancien. je peut Egalement fournir de la farine et des amandes.

  8. Bonjour,
    je suis enseignant et m’occupe d’une parcelle du lycée de 3.2ha dans l’Hérault sur laquelle je cherche à produire des blés anciens voire du kamut. Je n’arrive pas à trouver la semence. pouvez-vous m’aiguiller?
    merci
    Christian

    • Bonjour Christian …avez vous trouvé ce que vous cherchiez ???
      Je devrais en principe avoir un peu de blé kamut ou du même genre dans quelque temps …
      Daniel

  9. Bonjour a tous …
    Agriculteur en conversion bio …c’est pour Avril 2017 ….ouffff enfin !!!
    Et m’intéressant fortement a ces blés anciens …
    Ayant eu la chance de contacter la ou les bonnes personnes dans mon coin …près de Belpech (Aude) …je devrais avoir 9 variétés de blés ancien a (multiplier) si je peux employer ce mot qui ne me plait pas …je dirai plutôt …les faire revivre sur les terres qu’elles occupaient autre fois …une poignée ou deux … ou 50 kilos …
    Celles que j’ai en mémoire ou celles dans celle de mon père ….Mazet , Riéti …dont ma grand mère faisait son pain …hélas je ne lai pas connu c’était avant ma naissance …mais ce parfum et ce gout vont m’être proposés par par un ami du Gers que je vais aller voir cette semaine pour avoir un peu de ces trésors …inutile de vous dire que bien que j’ai 52 ans je gambade comme un gamin ….
    Rouge de bordeaux , blé de noé …et d’autres seront accueillis dans mes champs cette année …je suis novice avec ces blés là mais certaines publications me font poser certaines questions …les réponses viendront avec les années …
    Mon intention est d’en faire de la farine et d’avoir des discussions avec les gens qui partagent mes idées comme les auteurs de toutes les lignes ci dessus …
    Pardon d’avoir été long ..mais j’ai tant a dire …
    Daniel …

    • Bonjour je suis actuellement jeune agriculteur(22 ans) passionné par mon métier, son histoire et sa possible évolution, je suis actuellement dans un système intensif avec 200 ha de céréales et un troupeau d’une centaine de vaches. Je m’interroge sur l’évolution que je pourrais apporter à ma ferme et donc je m’intéresse à la permaculture et et je suis tomber sur un article qui expliquait la méthode de culture « Bonfils ». Cependant mes variétés de blé actuelles ne peuvent pas être utilisé dans cette méthode. Je souhaite faire un essais sur 100 m2 environ. Je me demandais si vous seriez vendeur de 50 ou 100 g de semence de vos anciennes variétés pour pouvoir mener à bien mon essai ?

      • Bonjour …c’est bien que les « jeunes » se creusent un peu la tête et se posent des questions hors du moule super formaté que le système impose …j’en suis très heureux croyez moi …l’agriculture telle qu’elle est a l’heure actuelle a atteint ses limites en ôtant toute vie a notre terre ….c’est ma conviction et ce que je dis personne n’est obligé a le lire … :furious_tb:

        Pour répondre a la question , il n’est pas autorisé de vendre les blés ancien en tant que semences car pas inscrites au catalogue européen et je ne suis pas semencier d’autre part …voilà pour l’officiel ….
        Il n’est pas interdit d’acheter du blé pour donner a manger a des volailles ou pour faire de la farine …après on en fait ce que l’on veut …le cheminement dans les idées peut aller loin ….
        Ce que je peux proposer et c’est tout a fait légal pour l’instant c’est de vous donner 1 kg de blé …le mieux est d’en parler par mail pour adresse d’envoi et voir s’il y a ou si j’ai quelque chose qui peut convenir a votre essai …il faut une céréale a cycle long ….le plus long que j’ai est le « petit épeautre  » …

        A bientôt donc par mail …
        dan11gemsa@gmail.com

        J’ai terminé ma moisson …les promesses ont été tenues ….je vous en parle très bientôt

        Daniel

  10. Bravo et merci à tous ceux qui cultivent ou permettent à nouveau de cultiver ces blés anciens
    ça fait vraiment chaud au coeur :smile1_tb:
    Geneviève

    • :bye_tb: Bonjour a toutes et tous , ne pas oublier que dans le temps ces blés ou épeautres ont nourri notre et d’autres pays pendant des siècles …
      La productivité a remplacé le plaisir et fait mourir certaines parcelles agricoles … il n’y a qu’a regarder le nombre de vers de terre dans les champs ..;c’est clair .. plus d’insectes ..plus de vie .. plus d’oiseaux ..;d’ailleurs que leur reste t’il pour manger ..; sans parler de tous ces chaumes désherbés ou nos abeilles ne trouvent plus de fleurs sauvages .. et on s’étonne qu’elles disparaissent …; que de questions a se poser ..; moi je m’en pose plein et regarde ce que je fais ..; je ne pense pas me tromper en disant que nos champs d’avant on fait vivre nos parents alors pourquoi pas nous ici et maintenant avec des blés anciens et des machines « modernes » …
      Comme mes parents avant 1960 …. je travaille pour moi et commence la vente directe et locale ..les années a venir vont apporter des changements en bien j’espère ….

      Daniel

        • …La loi d’Europe nous dit qu’il est interdit de vendre les blé non inscrits au catalogue européen ….blés et toutes autres graines de maïs …salades ….et j’en passe …tout ça pour préserver la biodiversité ….
          Ben alors faut que ces gens européens décideurs expliquent au monde ce que c’est la biodiversité …a leur yeux tout et très loin de la n’en fait pas partie ….
          Je crois qu’il vaut mieux que je ne dise pas le fond de mes pensées …
          Je reste a votre disposition pour en discuter par mail

          dan11gemsa@gmail.com

          A bientôt …Daniel

  11. combien d’hectares minimum il faut pour produire blé ancien, pour une production locale pour faire du pain en vente directe en petite quantité. merci

    • …Bonjour …vaste sujet que de faire des prévisions sur une éventuelle production ….
      Les blés anciens ont en théorie une production limitée …1500 a 2500 kg ha …mais il est je pense possible de voir « pisser » ces blé davantage comme on dit vers chez nous ….
      Selon le type de moulin que l’on a a dispo …sur 1000 kg de blé on peut obtenir 650 a 780 kg de farine ….selon variété et qualité du grain …je suis pas expert en ce domaine et rapporte ce qui m’a été dit par des voisins qui font de la farine ….
      Donc a mon avis il faut faire ou plutôt se poser la question en commençant par la fin …..
      Combien de pain vais je faire sur un an …et quel revenu puis je espérer en tirer …sans oublier le plaisir car le plaisir joue un rôle très important la dedans ….
      Je me suis posé ces questions fondamentales pour ma conversion en bio ….
      …Quelle doit être ma ou mes productions pour dégager une marge nette équivalente a une marge nette en conventionnel ??
      Je vous avoue que quand j’ai ouvert les yeux je suis tombé de haut …très haut a voir comme le système profite du monde agricole et se fait une marge multipliée par 5 , 10 , et des fois bien plus sans prendre aucun risque financiers et ce en très peu de temps …
      ex : blé conventionnel …150 euros tonne …farine de ce blé ..800 a 1000 euros tonne ….pain (normal si je puis dire ) 5 500 euros tonne avec 48 % d’eau dedans ….( lol )
      En bio et vente directe c’est très différent …
      Selon la variété de blé …450 a 650 euros/ T ….farine …1200 / 1700 E /T …pain ….autours de 6500 E / T ….en étant paysan boulanger …il y a tout a gagner …mais avant tout trouver le bon mélange de blés anciens ….celui qui a du gout et qui convient a votre manière de travailler ….pas facile de faire un cas général ….
      Un aparté juste pour info ….
      Savez vous qu’une bouteille d’eau de source et payée plus cher qu’un litre de lait a un producteur ….et puis on s’étonne que tous plient boutique et que tiens …il y a pénurie de beurre …peut être que l’argent du beurre n’ira pas toujours chez le même crémier ….

      Aller gardez espoir et ayez le courage de changer et d’être forts dans vos opinions ….

      Mes blés vont bien ….je vous dirai dans un mois quels résultats j’ai eu ….ce qui es sur c’est qu’il n’y a pas de maladies et j’ai retrouvé ce que veut dire le mot  » variété » …et pas uniformité comme tout ce qu’on voit maintenant ….

      Pardon d’avoir monopolisé le blog mais j’ai tant a dire ….

      DANIEL ….

  12. Daniel, vous ne monopolisez pas, au contraire vous êtes passionnant à lire. Bonne suite dans votre projet, j’espère que vous nous tiendrez au courant !

  13. ….On commence par un bonjour …et ça a été de bons jours …jours ou j’ai pu enfin entendre ma moissonneuse ronronner a battre ce blé désiré …entendre ces grains glisser et taper dans la trémie plus ou moins fort et voir le tas monter rapidement …le fruit de 9 mois d’attente …

    HEUREUX !!! comme disait Fernand Renaud …je suis HEUREUX ….et comme il disait aussi ….chui paysan !!!! et … »ça a eu payé mais ça paye plus !!  »

    Un coté humour qui ne gache rien et éloigne les soucis …
    Donc mes blés de couleurs et de formes étérogènes m’ont fait grand plaisir …certes je suis très loin des 60 a 80 qtx de quelque par en France avec le système conventionnel … »mes » blés ont fait entre 19 et 21 qtx ….autrement dit 2 tonnes ha ….mais c’est pas là que ça rend heureux …c’est juste que j’ai semé 50 kg pour deux variétés ….80 kg pour une autre et 28 pour le dernier blé ….qui m’ont donné ….730 / 680 /640 / 230 Kg ….de quoi semer cette année 15 ha ….ces 208 kg me permettent simplement de bondir dans mon projet farine qui devrait abouttir en 2018 ….
    Ces rendements paraissent faibles voir ridicules a certains yeux mais l’amour qui s’en dégage positivement en font un présent et une liberté qui n’a pas de prix .

    Je me souviens que mon père disait en parlant  » d’avant » … »Combien il a fait ton blé cette année ??  » et de lui répondre  » oh …7 / 8 / 10 / 12  » …
    Entendre par là que le poids du blé semé était multiplié par 8 ……10 ….12 ….et jamais plus dans notre région …
    Puis la chimie a débarqué avec la selection et jusqu’a aujourd’hui ces chiffres là n’ont plus cours ….car il faudrait dire pour un blé a 80 qtx ….il a fait 53 !!!!
    ….53 oui mais a quel prix !!!!
    Le mien a fait entre 11 et 12 a la différence qu’il est tout a moi et que je ne dois rien a personne là dessus :clap_tb:

    …..Chapitre « petit épeautre ou engrain  »
    Mes voisins ont mis a ma disposition 318 kg et 8 kg qui leur restaient après leurs semis …3230 et 98 kg ont été retirés du champ grâce a ce dont qu’il m’ont fait ….si vous avez vu le film  » Regain » de Jean Gionot ….ça fait chaud au cœur quand on vous donne votre avenir dans un sac ….et comment remercier ces gens là qui m’ont aidé …..je trouverai bien un moyen pour les aider a mon tour ….
    J’étoffe ma panoplie de blés en glanant quelques épis qui me tapent a l’œil dans des visites ….chose nouvelle pour moi , ceux qui cultivent les blés anciens ont le cœur sur la mains et te disent sers toi …profites avant que je moissonne après ça sera mélangé et il faudra attendre un an pour le retrouver ….
    Des épis bleus ..barbus ou non …bruns aussi ou carrément blancs seront en micro parcelles et m’apporteront de la joie dès que ces grains auront germés …de 20 a 80 grains de Blé de Galice …rouge du Roc …poullards d’Australie ou de Hongrie ( je sais pas très bien ) et barbu de Lacaune …auront quelques lignes dans un bout de champs et avec les années peut être de la bonne farine ….souvenez vous …le but est d’en avoir a peu près 50 kg pour faire le bond l’année d’après …
    D’ici peux j’irai voir un fabriquant de moulins de type « Astrié  » a 60 km de chez moi et aussi un passionné de blés anciens a Laure Minervois qui cite plus haut dans le blog ….et revoilà le gamin devant le sapin de noël … hi hi !!!

    A un de ces jours …a un de ces mots … :bye_tb:
    Daniel

  14. …Bonjour a tous …
    J’ai retrouvé un article …un copié collé très intéressant ..je vous mets le lien …et me pose bien la question aussi ….( 10 000 ans )

    http://longuevergne.free.fr/le_ble_florence_aurore.htm

    Nous savons aujourd’hui que ce bienfait de la nature, est issu d’une plante sauvage. L’Aegylopse pousse toujours, on la rencontre un peu partout au… Moyen Orient. Sorte de grande céréale particulièrement rustique mais fort peu productive, à un rang de grains. Et classée dans la catégorie des plantes diploïdes à 14 chromosomes. Voici l’ancêtre de notre blé, tel qu’il fut identifié tout naturellement par les botanistes, sans que l’on se pose trop de questions sur les conditions qui avaient conduit à son évolution. Jusqu’au jour où un laboratoire entreprit de reproduire, à partir du plant original, le processus de cette transformation.

    Honneur à la recherche française, au CNRA de Versailles (devenu INRA), et au laboratoire de M. Bustaret, où M. Jolivet décida d’entreprendre la synthèse du blé à partir de l’Aegylopse. Recherche qui lui prit tout de même près de vingt ans.

    Ceci a permis de montrer que cette plante artificielle était le produit d’une manipulation génétique extrêmement sophistiquée. Que seuls nos laboratoires modernes, avec les connaissances actuelles et une technologie de pointe étaient à même de mener à bien. Jugez-en plutôt.

    Blé dur :Blé tendre :

    La manipulation a consisté à augmenter le taux de ploïdie de l’Aegylopse et de la faire passer du stade diploïde au stade exaploïde. Rien de plus simple, à condition de suivre scrupuleusement le processus qui convient.

    1ère opération : Dédoublage du capital chromosomique par traitement à la colchicine. Pour passer du stade diploïde (14 chromosomes) au stade tétraploïde (28 chromosomes)
    2ème opération : Croisement de plantes diploïdes et de plantes tétraploïdes. Parmi la quantité de leurs produits, on obtient des sujets diploïdes, d’autres tétraploïdes et quelques plants triploïdes (21 chromosomes). Bien entendu, la sélection ne se fait pas à l’œil nu.
    3ème opération : dédoublage des sujets triploïdes à la colchicine pour obtenir des plants exaploïdes (42 chromosomes).
    Nous voici parvenus devant la reproduction de notre blé moderne, en tous points comparable à nos variétés cultivées. Sauf que l’on est obligé de convenir que cela ne risque pas d’être le produit du hasard. Encore moins le résultat d’un bricolage décidé au fond d’une hutte de paille. Et tout à coup, l’interrogation se pose, avec une acuité stupéfiante : Que c’est-il donc passé il y a 10 000 ans, du côté de ce Moyen Orient où l’agriculture a été inventée avec l’apparition de notre plante nourricière. L’ancêtre du professeur Jolivet s’appelait-il Cerès ? Le Dieu à qui les Grecs attribuent l’invention de cette plante ? son laboratoire ne doit pas manquer d’intérêt……………………

    Allez lire la suite par le lien ….c’est fou ….

    Daniel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *