Machine à tricoter

L’été dernier on m’a donné une machine à tricoter qui a probablement mon âge (autrement dit, plus très jeune :tongue3_tb: )

Erka 12 + T4

C’est comme ça que je me suis remise au tricot machine après des années d’arrêt…  Le premier :

Pull en pure laine avec teintures végétales

Le deuxième, pour lequel je me suis inspirée d’un modèle Drops, et dont j’ai réalisé spécifiquement les teintures végétales :

Cardigan pure laine avec des teintures végétales

Pour les couleurs : beige avec le châtaignier, noir avec l’indigo et la garance, rouge avec la laque, jaune avec la rhubarbe, violet avec la cochenille et du sulfate de fer, vert avec du genêt et du sulfate de cuivre.

Évidemment le virus m’a (re)prise :rolleyes_tb:
J’ai eu envie d’une machine grosse jauge pour tricoter des laines plus épaisses et donner un aspect « tricot-main » à mes réalisations. Une Brother est donc arrivée.

Brother double-fonture grosse jauge 150 aiguilles

J’aime bien les machines mécaniques, je suis restée dans le système avec des cartes perforées. Même si cela me limite un peu plus dans le choix des motifs, j’apprécie grandement le fait de ne pas avoir de contraintes de câble, logiciel et ordinateur.

Veste en pure laine qualité « rustique » de Fonty

Veste en pure laine qualité « Cap Nord »

J’ai découvert que l’on pouvait réaliser des motifs proches des points irlandais simplement avec des mailles glissées (« tuck » dans le jargon anglais du tricot machine), Ricky Mundstock dans les années 1990 a publié beaucoup de modèles qu’on ne trouve plus que d’occasion.

Gilet avec fausses torsades (tuck) en Soft Tweed

J’ai aussi découvert les magnifiques modèles et jacquards d’Iris Bishop, qu’on peut encore trouver par-ci par-là neuf ou d’occasion.

Veste celtique en Zéphir doublée, modèle Iris Bishop

Et sa façon spécifique de réaliser des pulls à empiècement en rond sur une machine à tricoter…

Pull en rond en Zephir doublée, modèle Iris Bishop

Pull en rond, modèle Iris Bishop

J’ai continué à creuser cette voie car j’aime décidément beaucoup ce type de pull :

Pull en rond en coton 8/2 doublé

Pull en rond en coton 8/2 doublé

Et puis l’été est arrivé et j’ai mis le tricot en pause 😀

Une petite nouvelle à l’atelier

Une nouvelle venue à l’atelier : une machine à tricoter circulaire « La Gauloise éclair » de 96 aiguilles, datant des années 1910. La marque est française mais la machine a probablement été fabriquée en Angleterre par Harrisson pour le marché français. Elle ressemble aussi très fort à la Wikuna hollandaise.

Machine à tricoter circulaire « La Gauloise »

Et voilà, pratiquement 110 ans après, la machine fonctionne toujours aussi bien, j’ai pu faire une chaussette tout en côtes, la suivante arrive.

Arrivée partiellement démontée dans sa caisse en bois d’origine, la machine après un bon nettoyage et dégrippage est complète et parfaitement fonctionnelle. Comme d’habitude, il faut commencer par mettre des aiguilles neuves, mais je finis par connaître fournisseur, modèle à choisir et jauge 🙂

Machine à tricoter circulaire « La Gauloise »

La machine est équipée d’une sonnerie « sans rival » qui permet de détecter un nœud dans le fil ; le fil est guidé dans un œillet puis passe à travers une petite languette qui ne demande qu’à heurter la sonnette à la moindre résistance : il fallait y penser. Le système était breveté. J’adore cette petite sonnette, je n’en avais jamais vu ou entendu parler jusqu’ici.

Le cylindre de 96 aiguilles et le plateau de 48 est un peu intimidant au départ (bien que la Semeuse Jacquard que je possède a un cylindre de 130 aiguilles et je m’y fait petit à petit), mais cette machine fonctionne vraiment très bien, elle est fluide et tricoter des chaussettes tout en côtes est un vrai régal une fois qu’on a trouvé la laine qui va bien (en l’occurrence, la Zephir de Fonty est parfaite).

Chaussette en cours de réalisation

Avec la machine il y avait un catalogue des établissements Amineau, j’estime la date aux environs de 1930 donc postérieur à la machine (peut-être que le / la propriétaire rêvait d’une autre tricoteuse, linéaire ou plus performante ?). Et oh joie, il y a également des indications sur la façon de procéder à l’époque pour l’achat puis ensuite la fabrication des chaussettes en vue de les vendre. Un document à mes yeux inestimable donc. Je l’ai scanné, et le voici !

Catalogue Amineau

Une autre pépite venue avec la machine : le mode d’emploi d’époque. En très mauvais état hélàs, mais qui donc bouffe le papier comme ça :furious_tb: Des souris ? En tout cas, en exclusivité mondiale, voici un mode d’emploi pour machine à tricoter circulaire en français ! :king_tb:

Mode d’emploi La Gauloise

Je rigole, mais n’empêche que je n’en ai jamais trouvé aucun sur le net en français (ou alors il faut payer). Dans ce mode d’emploi il y a une explication pour tricoter la pointe des chaussettes « à la française » que je n’avais jamais vu ailleurs.

Je renouvelle ma demande de collecte d’informations ayant trait aux machines à tricoter circulaires : tout ce que vous pourrez me dire ou me fournir m’intéresse au plus haut point.

Canards…

Mes canards sur la rivière

Et oui encore un article sur les canards ! C’est que je les aime bien mes canards. Je ne connaissait pas plus que ça ce palmipède, mais habitant au bord d’une rivière avec accès direct à l’eau, une petite voix en moi m’a soufflée d’en élever 🙂 Et je ne regrette pas…

Pomponette

Colvert et barbarie sont deux races distinctes qui ne s’hybrident pas naturellement (on croise cependant des Pékins, gros canards blancs, avec des Barbaries pour obtenir des mulards, stériles). La majorité de nos canards domestiques sont issus du colvert.

Ma troupe de colverts

Après les avoir tenu enfermés tout l’hiver, un beau jour de printemps, j’ai respiré un grand coup et ouvert la porte de la volière pour libérer tous mes pensionnaires, colverts et barbaries. J’avais vraiment des craintes que les colverts en particuliers, doués d’une excellente capacité de vol, ne reviennent jamais… mais tant pis, je ne concevais pas d’élever des canards autrement qu’en liberté et cela me désolait de les voir enfermés (mal nécessaire pour qu’ils s’habituent, n’étant pas nés ici).

Chocolat, Zigouillet et Coinette

Et ils sont revenus mes colverts. Tous les soirs je sonne la cloche pour la distribution du repas, et tous les soirs ou presque, ils reviennent car ils ont associés le son de la cloche à quelque chose d’agréable 🙂

Les barbaries ne sont pas aussi à l’aise sur la rivière, il y a beaucoup de courant, ils se laissent dériver et ne savent plus le remonter. Finalement, ils préfèrent passer leur journée au milieu des poules et ne cherchent pas à aller sur la rivière.

Zigouillet, mâle barbarie

Les barbaries sont de gros canards placides et silencieux. Leur aspect peut rebuter au début, avec leurs caroncules sur le bec. Je m’y suis faite, je trouve même les canes gracieuses. Peu actifs, ils ont des allures de sphinx ou de canards en plastique. A ma grande surprise, les canes pondent plutôt bien et leurs œufs sont excellents en cuisine. Ils n’abîment pas l’herbe comme je le redoutais car ils se déplacent peu. Ils ne grattent pas le sol comme les poules, et fouillent les touffes d’herbe à la recherche de limaces et autres insectes. Attention toutefois aux feuilles tendres de salade, radis etc, ils mangent aussi de la verdure. En fait ils sont omnivores comme les poules, je leur donne la même chose à manger. La seule différence d’avec les poules c’est qu’ils ont besoin d’eau pour manger et entretenir leur plumage.

Zigouillet et Pomponette

En attendant de creuser un petit bassin, je leur met à disposition une auge à maçon grand format, et je change l’eau tous les jours. Ils sont capables de voler mais sont si placides qu’ils ne le font qu’en cas d’extrême nécessité. Les barbaries sont silencieux, ça me change des poules 🙂 Ils cohabitent très bien avec elles d’ailleurs, mais pour des raisons pratiques je préfère les séparer quand ils sont enfermés. Les canards ont besoin d’eau et en mettent partout, les poules n’aiment pas l’humidité et donc à ce niveau ils font mauvais ménage.

Tartine, jeune cane colvert de 2 mois

Les colverts sont des canards étonnants. Ils volent très bien par rapport à leur taille. Savent très bien nager et plonger. Ils sont moins à l’aise sur terre, mais dans l’ensemble ils maîtrisent quand même les 3 éléments l’eau, l’air et la terre. Ils peuvent passer beaucoup de temps à dormir et à se toiletter, mais quand ils sont actifs, ils font tout très vite et cela m’amuse beaucoup. La cane est bruyante, c’est elle qui fait « coin coin ». Le mâle ne fait presque pas de bruit. Ils sont plus indépendants que les barbarie, tout en étant familiers quand même. J’adore les voir nager et voler sur la rivière ! Et je trouve que ce sont de très très beaux animaux, attachants.

Cane colvert qui couve

Que ce soit colvert ou barbarie, ce sont des volailles grégaires qui aiment être en groupe. Autant les poules ont un côté « anarchiste » autant les canards vivent et évoluent en groupe, il est d’ailleurs possible de les conduire en troupeau avec un chien.

Je trouve que les canards sont une bonne alternative ou complément aux poules, et qu’ils mériteraient d’être plus connus et davantage élevés. Je ne sais pas trop pourquoi ils sont devenus rares dans les basse-cour, mais c’est bien dommage. Alors si ça vous tente, n’hésitez pas à adopter des barbaries, des coureurs indiens, Rouen ou même colvert. La seule contrainte est d’avoir un peu d’eau, pas beaucoup, mais il vaut mieux la changer tous les jours.

Brioche, caneton colvert, à 1 jour